Alors que l’Etat se substitue aux collectivités locales pour projeter l’urbanisation de Buc et des communes voisines au travers de l’Opération d’Intérêt National (OIN) du Plateau de Saclay (80.000 nouveaux logements à côtés de chez vous, 1.300 hectares agricoles bétonnés), le collectif « un autre avenir pour les Pays de Saclay » défend un projet alternatif agriurbain pour ce territoire qui doit pouvoir maintenir un équilibre entre ville, agriculture et recherche. Equilibre absent du projet d’OIN imposé par l’Etat.
Pour moi (et bien d’autres !) :
> Derrière les objectifs affichés de dynamisation économique et de synergie des pôles de recherche, se cache une grande opération d’urbanisme de type « ville nouvelle ». Or, l’Ile-de-France n’a pas besoin et n’a pas intérêt à promouvoir un tel objectif. Pas besoin car sa faible progression démographique ne le justifie pas (en fait, ce serait surtout le phénomène de « desserrement » qui justifierait cette pression urbanistique). Pas intérêt car l’étalement urbain est contradictoire avec le développement durable. Il nous faut, au contraire, densifier l’habitat (cela est possible sans tomber forcément dans l’aberration des barres d’immeubles des années 1960-70 : regardons plutôt la qualité de vie de certains centres-villes pourtant densément peuplés).
L’OIN répond à une logique « centralisatrice » dépassée qui n’est pas d’intérêt national. Prenons simplement exemple sur nos voisins européens : Ils assurent leur développement économique autrement qu’en centralisant sur leurs capitales.
> Le projet d’OIN veut s’inscrire dans le développement durable. Serait-ce un simple effet d’annonce ? Aujourd’hui tous les projets s’estampillent « développement durable », c’est politiquement correct et ça permet de faire avaler la pilule. Or, comment peut-on prétendre être de cette nature quand il est question de sacrifier les centaines d’hectares agricoles les plus proches de Paris ?
> Les chercheurs expriment d’autres besoins qu’une OIN. Ils veulent avant tout une revalorisation de leurs conditions et une amélioration des moyens existants (cf. les revendications du mouvement « sauvons la recherche »). Autrement dit, pour les garder en France, il faut augmenter les crédits alloués à la recherche, mieux les payer, rafraîchir leurs laboratoires de recherche et leur proposer un environnement de travail agréable. Valérie PECRESSE a-t-elle besoin de tous ces logements pour développer la recherche ? L’OIN n’est pas la solution pour que l’Ecole polytechnique monte dans le classement mondial des Grandes Ecoles ...
> L’OIN ne favorisera pas non plus le dynamisme économique (même si ce sera le cas dans le domaine du bâtiment !) car il s’agira davantage d’emplois déplacés que d’emplois créés : le « grand centre » n’étant pas la masse critique nécessaire pour améliorer la compétitivité française !
> Et, quand bien même mon analyse serait fausse, il n’en demeure pas moins que ce projet confisque les responsabilités d’aménagement du territoire aux élus locaux. La minorité UMP au Conseil Régional a-t-elle trouvé en l’OIN sa botte secrète contre le schéma directeur régional (SDRIF) de la socialiste Ile-de-France ?
Dans tous les cas, un projet alternatif me apparaît bien plus profitable et mettrait un sens concret au développement durable. Pour le collectif « un autre avenir pour les Pays de Saclay », la dynamisation et la synergie des pôles de recherche du Plateau de Saclay (Polytechnique, HEC, Université de Saint-Quentin, SUPELEC, INRA, SOLEIL, Technocentre RENAULT, DANONE, etc...) n’est pas incompatible avec le maintien d’une agriculture rémunératrice, nourricière et respectueuse de l’environnement. L’urbanisation du territoire doit respecter les équilibres urbains, agricoles et naturels sans gaspiller de l’espace horizontal.
Le projet d’OIN sur le Plateau de Saclay est absent des médias (d’aucun y verront une volonté politique). Il est peu ou pas connu des bucois. Nos élus locaux se sont prononcés favorablement pour l’OIN (sans doute, sont-ils simplement séduits par les perspectives affichées de dynamisation économique et, sans doute, n’ont-ils pas étudié davantage le rapport bénéfices/risquesd’une telle urbanisation à nos portes ?). Forçons le débat si nous voulons que l’Etat revoit sa copie. Pour ce faire, commençons par imposer ce sujet dans la campagne électorale municipale bucoise !
Jean-Christophe HILAIRE
Le Collectif « Un autre avenir pour les Pays de Saclay »
(L’AMAP des Jardins de Cérès (91 et 78), les Amis de la Vallée de la Bièvre (AVB), les Verts Ile de France, la SCi des Terres Fertiles, les Associations pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne (AMAP) d’Ile de France, Nature et Progrès IDF, ASES (Saclay), CAP 21 Yvelines,les Amis du parc naturel régional de la Haute Vallée de Chevreuse, l’Association du Triangle Vert du Hurepoix.)
invite les bucois, les candidats aux élections municipales sur Buc
invite les bucois, les candidats aux élections municipales sur Buc
à la présentation du projet
de Pôle agriurbain des Pays de Saclay
Réunion publique
Lundi 28 janvier 2008 à 20h45
salle du Vieux Marché, à Jouy en Josas
de Pôle agriurbain des Pays de Saclay
Réunion publique
Lundi 28 janvier 2008 à 20h45
salle du Vieux Marché, à Jouy en Josas
1 commentaire:
Bonsoir,
Venant tout juste de découvrir ce blog, et faisant partie de la liste "Atout Buc" de Philippe Saury, je regrette de ne pas avoir pris connaissance plus tôt de la présentation du projet
de Pôle agriurbain des Pays de Saclay.
Il y a des choses à dire et à faire au sujet de l'OIN. Et je suis parfaitement prêt à en débattre tant il est vrai que les Bucois ne sont pas sensibilisés à ce qui pourrait bien leur arriver. Par ailleurs, dans le cadre de l'intercommunauté, une ville de la taille de Buc aura besoin de la participation active et du soutien des associations. Si je souhaite le déclassement de la RD938 en voie communale, ce n'est pas pour voir sortir de terre 80000 logements qui ruineront définitivement l'équilibre urbanisme/nature de Buc et ses environs, équilibre qui est si plaisant à vivre.
Cordialement,
Ludovic OGER
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